‘A Vigilante’ (2018) Film Revue – Olivia Wilde retourne la situation aux agresseurs domestiques.

       Dans les cinémas britanniques Fri 31 May et sur DVD Mon 3 Jun 2019.
Le genre de la vengeance est tellement imprégné de machisme que le premier est rarement tenté sans une dollop malsaine du dernier, résultant souvent en pouls-accélération mais plausibilité-étirer des pièces de cinéma conçues pour invoquer l’émotion plutôt que provoquer la pensée. Avec ses débuts en tant que réalisatrice, Sarah Daggar-Nickson essaie de tourner ces deux tropes sur leur tête, d’abord en ayant sa protagoniste féminine châtiment exact sur les praticiens de la masculinité toxique et ensuite en sacrifiant la splendeur cinématographique en faveur du réalisme rugueux.

L’intrigue se concentre sur Sadie (Olivia Wilde sur la forme supérieure), victime de violence conjugale devenu le fléau de ses auteurs, comme elle offre aux autres victimes la possibilité d’échapper à leurs situations en tournant les tables sur les maris sadiques, les amants et, à l’occasion, les mères négligentes. C’est un fantasme puissant qui arrache le pouvoir de la force physique supérieure des brutes cruelles et le livre aux mains de leurs victimes effrayées, En théorie, réparer les torts commis par ces brutes et les révéler comme des lâches. Contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs, le film n’hésite pas non plus à s’éloigner des retombées psychologiques de ces confrontations, en passant probablement plus de temps devant la caméra sur l’hyperventilation de Sadie, caractère angoissé que les épisodes violents qui dominent sa vie.

Cette insistance sur le réalisme est louable, mais il est dommage que les thèmes ne soient abordés qu’au lieu d’être explorés à fond. Par exemple, le film enquête sur la façon dont l’arrière-plan de Sadie continue de la hanter, mais nous voyons rarement une profondeur ou une complexité similaire dans l’un quelconque des acteurs de soutien vaguement tracés. Sadie débarque dans leur vie et résout leurs problèmes avec une facilité qui sape la gravité des problèmes avec lesquels le film est aux prises, et il n’ose jamais creuser les racines profondes de telles situations ou suivre leur développement après l’implication de Sadie. L’absence totale de la police – à l’exception d’un suivi bref et à peine crédible dans le dénouement du film – est un autre point sur lequel la réalité cède la place à la fantaisie.

La performance de Wilde fait beaucoup pour compenser ces glissements de crédibilité, imprégnant Sadie d’une humanité si douloureuse qu’elle peut devenir difficile à regarder. En effet, le sujet sombre de la matière et l’insistance du film à éviter la gratification de la soif de sang qui caractérise tant de ses contreparties la rendent moins qu’agréable 91 minutes. Même la distante télégraphiée éventuelle avec son mari et tormentor perd une partie de son punch en raison de sa rechute dans les tropes génériques, mais il ne fournit quelque chose d’un gain pour attacher les extrémités. En fin de compte, c’est un nouvel ajout au cinéma de vengeance qui semble très pertinent en ce moment, mais qui souffre d’austérité implacable et de réalisme sélectif, ce qui se traduit par une prise de conscience réfléchie mais un peu lente sur le genre.